• Plaque nominative de la rue Girard-Beauquet
    Pierre gravée
    Époque Louis XV
    Collection Debuisson
  • ÉMILE BOYER (1877-1948)
    La rue Royale animée, Paris
    Huile sur toile
    Adjugée 4680 €
  • Fragment de la colonne Vendôme
    Bronze de canon
    Souvenir du Siège de Paris, 1870-1871
  • Insigne de fonction de Fort des Halles
    Laiton repoussé
    Adjugé 220 €
  • Boîte aux lettres des Postes
    Fonte émaillée
    Circa 1900
    Adjugée 2 250 €
  • Importante baie vitrée
    Provenance : hôtel, rue de Mogador, Paris IXe
    Circa 1900
    Paris Mon Amour IXe Édition

L'HISTOIRE DE PARIS À TRAVERS NOS VENTES AUX ENCHÈRES


 

LES LAVOIRS DE PARIS

Un lavoir est un bassin alimenté en eau, généralement d'origine naturelle, qui a pour vocation première de permettre de rincer le linge, après l'avoir lavé. Il est le plus souvent public, gratuit ou payant selon les communes, mais peut être privé, attaché à une seule maison ou une seule ferme et mis à la disposition de voisins moyennant une redevance.

Les lavandières ne s'y rendaient le plus souvent pas pour laver le linge, mais pour l'y rincer. Le passage au lavoir était en effet la dernière étape avant le séchage. Comme le lavage ne consommait que quelques seaux d'eau, il pouvait avoir lieu dans les habitations ou les buanderies, où le linge s'accumulait avant la « grande lessive ».  Le rinçage nécessitait de grandes quantités d'eau claire, uniquement disponible dans les cours d'eau ou dans une source captée. Il existait cependant des lavoirs avec plusieurs bassins, le bassin en amont servant de rinçoir, ceux en aval de lavoir.


lavoir sainte marie collection debuisson
Enseigne du Lavoir Sainte Marie
Fer peint, fin du XIXe siècle
Lucien Paris, vente Debuisson, le 18 mars 2019


À l'origine, le lavoir est une pierre plate ou une simple planche posée au bord d'un cours d'eau, d'une mare ou d'une source, sans abri. La pollution due à la révolution industrielle, les épidémies puis l'hygiénisme entraînent le développement de constructions spécifiques à la fin du XVIIIe siècle qui voit les communes se munir de bassins situés au bas d'une prairie, en contrebas d'une source ou d'une fontaine, en bordure d'un ruisseau, d'un canal, d'une rivière ou d'un fleuve où peut être amarré un bateau-lavoir.
En France les épidémies de choléra, de variole et de typhoïde incitent le Parlement à voter la loi du 3 février 1851, qui accorde un crédit spécial pour subventionner à hauteur de 30 % la construction des lavoirs couverts. Elle prévoit que « c'est au lavoir commun que la laveuse trouvera une distribution commode d'eau chaude et d'eau froide, des appareils de séchage qui lui permettent une économie de temps, et qui lui évite d'effectuer (le blanchissage) dans l'habitation ». Les travaux étant mis en adjudication sur rabais à la chandelle expliquent chez les entrepreneurs une certaine similitude de conception et de matériaux.

Le lavoir est abandonné progressivement au cours du XXe siècle. Malgré la résistance au progrès des lavandières, le lavoir est remplacé par les lessiveuses, les lavoirs mécaniques, les machines à laver vers 1950 puis les laveries automatiques.

L'enseigne métallique épousant la forme d'un drapeau signalait la présence d'un lavoir municipal.   
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LA CAROTTE
DES BUREAUX DE TABAC


À la fin du XVIe siècle, le tabac était vendu en feuilles par les bureaux généraux. Ces feuilles n'étaient pas rassemblées en paquets, mais en rouleaux ficelés très serrés, formant des blocs à la forme proche de celle d'une carotte. Les marchands de tabac, sur lesquels les fermiers généraux avaient la haute main, débitaient au détail le tabac qu'ils achetaient râpé ou en carotte. Analogie supplémentaire à la carotte, pour pouvoir mâcher, priser ou fumer le tabac, il fallait à l'époque couper ou râper ces blocs. De plus, pour éviter que le tabac ne sèche trop vite, on plaçait un morceau de carotte dans les blagues à tabac.

collection debuisson bureau tabac

Petite carotte de bureau de tabac
Tôle peinte
Circa 1920
Lucien Paris, Vente Debuisson, le 19 mars 2019


Si de nombreux buralistes installèrent des enseignes en forme de carotte dès le XIXe siècle, c'est depuis l'année 1906 qu'ils ont l'obligation légale d'équiper leur façade d'une carotte de tabac standardisée reconnaissable.

La carotte a évolué avec le temps : elle n'était pas nécessairement rouge à l'origine, parfois marron. Elle doit être aujourd'hui obligatoirement lumineuse.
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LE PONT DES ARTS

Le Pont des Arts, qui relie les quais Malaquais et Conti au quai François Mitterand et du Louvre, tire son nom du palais du Louvre qui portait le titre de "Palais des Arts".

Entre 1801 et 1804, une passerelle de neuf arches en fonte, réservée aux piétons, est construite à l'emplacement de l'actuel Pont des Arts. C'est le premier pont métallique de Paris. Cette innovation est due à Napoléon Bonaparte, Premier consul, suivant une réalisation du directeur des Ponts de Paris, Jean-Baptiste Launay, fondeur. Les ingénieurs Louis-Alexandre de Cessart et Jacques Vincent de Lacroix Dillon veulent que cette passerelle ressemble à un jardin suspendu, orné d'arbustes, de bacs à fleurs et de bancs. Il était nécessaire de régler un péage pour la franchir.

fragment pont des arts

Fragment du Pont des Arts
Fonte
Circa 1801-1804
Lucien Paris, vente Debuisson, le 18 mars 2019.


En 1852, à la suite de l'élargissement du quai de Conti, les deux arches de la rive gauche deviennent une seule arche. En 1976, l'inspecteur général des Ponts et Chaussées rapporte la fragilité de l'ouvrage, principalement due aux bombardements des première et seconde guerres mondiales et à plusieurs collisions de bateaux en 1961 et 1970. Le pont est fermé à la circulation en 1977 et s'effondrera effectivement sur 60 mètres en 1979 lors d'un dernier choc avec une barge. Le pont est démonté en 1980. Environ la moitié du pont - quatre arches - est récupérée par la ville de Nogent-sur-Marne qui la fit reconstruire en bord de Marne.

Le pont actuel a été reconstruit à l'identique entre 1981 et 1984, selon les plans de l'architecte Louis Arretche, qui a diminué le nombre des arches, pour permettre leur alignement sur celles du Pont Neuf.

 
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LES FAUTEUILS
DU THÉÂTRE DAUNOU


En 1920,  Albert-Armand Rateau rencontre, chez Paul Poiret, la créatrice de mode Jeanne Lanvin. Tous deux s'associent pour former l'entreprise Lanvin - Décoration. Ils vont alors réaliser de nombreux décors intérieurs comme celui du célèbre appartement privé de Jeanne Lanvin dont la chambre, le boudoir et la salle de bain sont conservés au Musée des arts décoratifs de Paris.


fauteuil jeanne lanvin rateau théâtre donou

ARMAND-ALBERT RATEAU (1882-1938) - LANVIN DÉCORATION
Chaise haute de théâtre
Estampillée A.A Rateau
1921
Vente Paris Mon Amour IXe Édition, le 19 mars 2019




De cette association va naître également l'aménagement intégral des intérieurs du Théâtre Daunou, dans le deuxième arrondissement, dont provient notre ensemble de sièges. Commandé par Maxime Wittouck et Jane Renouardt comédienne, propriétaire de la salle et amie de Jeanne Lanvin, le théâtre Daunou est bâti en 1921 dans le style Art déco. Il s'agit d'un des premiers programmes de décoration intérieure de l'entreprise Lanvin Décoration.


fauteuils théâtre donou


ARMAND-ALBERT RATEAU (1882-1938) - LANVIN DÉCORATION
Chaises d'appoint de théâtre
1921
Vente Paris mon Amour IXe Édition, le 19 mars 2019



Armand Rateau fournit dès le mois d'aout 1921 la coupe et l'élévation des rangs pour les sièges des différents balcons. Le théâtre est inauguré en décembre 1921. Une plaque apposée permet de lire "La décoration intérieure a été inventée et exécutée par Lanvin Décoration Paris ».

 
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L'ESCALIER DE LA TOUR EIFFEL

" Étudier la possibilité d’élever sur le Champ de Mars une tour de fer, à base carrée, de 125 mètres de côté et 300 mètres de hauteur ". Ainsi était rédigé le cahier des charges du concours lancé par l’État français en 1886, dans le cadre du projet d’Exposition Universelle de Paris, prévue pour célébrer, en 1889, le centenaire de la Révolution française.

La France avait déjà organisé plusieurs expositions universelles, en 1855 et 1867, sous Napoléon III et en 1878, sous la Troisième République.


exposition universelle 1878

Vue panoramique de l'Exposition Universelle et Internationale de Paris, 1878
Lithographie
Lucien Paris, Vente Paris Mon Amour VIIe Édition


Celle de 1889, la dernière du siècle, pensait-on, devait être particulièrement brillante. Vitrine de la technologie et de l’art maîtrisés par le pays d’accueil, elle devait comporter un symbole, un phare. Contre 700 autres projets, l’ingénieur Gustave Eiffel, directeur de l’Usine Métallurgique de Paris, qui fournissait des ouvrages d’art dans le monde entier, notamment la structure interne de la Statue de la Liberté à New York, remporta le concours, associé aux ingénieurs Kochlin et Nouguier.

Le 31 mars 1889, en ouverture de l’Exposition Universelle, après deux ans de travaux pharaoniques, lorsqu’il inaugura avec faste la Tour, Sadi Carnot, Président de la République Française, était loin d’imaginer que la dame de fer deviendrait rapidement l’emblème de Paris, de la France, de la Liberté, et le monument d’accès payant le plus visité du monde.L’Exposition Universelle de 1900 lui succèda. Cette exposition, sans doute la plus belle jamais réalisée, constitua l’écrin idéal qui transfigura la Tour. De tous les monuments érigés dans le monde pour les expositions universelles, la Tour Eiffel est le seul encore subsistant immédiatement identifiable aux quatre coins de la planète.


tour eiffel lucien paris


La Tour Eiffel embrasée lors de l'Exposition Universelle, 1889.
Grande gravure en couleur.
Lucien Paris, Vente Paris Mon Amour VIIe Édition



Alors qu’elle n’était à l’origine qu’un bâtiment provisoire, elle fut sauvée de la destruction grâce à la tenacité de Gustave Eiffel, face à des détracteurs qui, dès la pose des premières piles, voulurent à tout prix la faire raser, considérant qu’elle enlaidissait le paysage parisien. D’une hauteur de 313,20 mètres à l’origine, prolongée par la suite de nombreuses antennes culminant à 324 mètres, la Tour Eiffel est restée le monument le plus élévé au monde jusqu’en 1930, détrônée par le Chrysler building érigé à New York.

Alors que les ascenseurs ne fonctionnaient pas encore, le jour de l’inauguration, Gustave Eiffel gravit les 1710 marches des escaliers qui conduisaient du rez-de-chaussée au sommet. 200 invités l’accompagnaient. La moitié s’arrêta à la première plateforme, seulement 50 atteignirent le second étage, et 20 trouvèrent le courage de grimper les marches de l’escalier hélicoïdal qui conduisait du deuxième au troisième étage, sommet de la Tour. A ce niveau, Eiffel avait fait installer un appartement privé. Il hissa, ce jour là, le drapeau français à 300 mètres d’altitude.

Près de cent ans plus tard, pour alléger le poids de la Tour et répondre aux nouvelles normes de sécurité, la Société Nouvelle d’Exploitation de la Tour Eifel décida de supprimer cet escalier hélicoïdal, afin de le remplacer par un escalier plus léger à volée droite, moins dangereux. Il s’agissait du dernier tronçon de l’escalier d’origine encore subsistant, le premier tronçon ayant déjà été remplacé et détruit. Dans le même temps, les ascenseurs hydrauliques furent également changés. Au total, la Tour fut allégée de 1340 tonnes.


tour-eiffel-lucien-paris


Porte-pendule en bois découpé épousant la forme de la Tour Eiffel
Lucien Paris, Vente Paris Mon Amour IXe Édition

L’escalier fut scindé en 24 morceaux, de longueurs différentes, de 2,10 m à 9 m pour le plus long. L’un d’entre eux est conservé au premier étage de la Tour, trois autres ont été offerts à des musées français (Musée d’Orsay, Musée de LaVillette à Paris, Musée de l’Histoire du Fer à Janville-Nancy). Pour financer les travaux de restauration, les vingt autres morceaux furent dispersés le 1er décembre 1983 au cours d’une vente aux enchères publiques mémorable depuis le premier étage de la Tour, pour la somme globale de 1,8 millions de francs, soit le double du résultat escompté.

Une plaque fut apposée sur chacun d’eux, leur attribuant un numéro et attestant de leur origine. Des collectionneurs du monde entier affluèrent. L’une des pièces fut acquise par un marchand et collectionneur japonais, qui l’installa àYamanashi, à 120 km de Tokyo, dans le jardin de la fondation Yoshii, tout près d’une réplique exacte de “La Rûche”, bâtiment construit par un des ateliers d’Eiffel pour l’exposition universelle de 1889, qui devint l’atelier et lieu de vie de nombreux artistes parisiens. Un autre de ces morceaux orne aujourd’hui la Statue de la Liberté à New York, dont Gustave Eiffel avait réalisé la structure métallique. Un autre fut emportée par la société Walt Disney pour être installé à Disneyland, tout près d’une réplique de la Tour. Quelques autres sont restés en France, deux acquis par le chanteur Guy Béart, un par la Ville de Levallois-Perret, commune où repose Gustave Eiffel, un par la Ville de Nogent sur Marne. Deux autres rejoignirent des restaurants de New York et de la Nouvelle Orléans. D’autres enfin partirent pour le Canadaou la Suisse. Le tronçon n° 20 n’existe plus. Le tronçon n° 16 que nous présentons est un des plus hauts. Il est le plus haut réapparu sur le marché ces dernières années. Les trois dernièrement vendus ont rejoint le Brésil, les Pays-Bas et les États-Unis. Il subsiste donc un nombre infime d’éléments de l’escalier dont la situation définitive n’a pas été réglée.
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LE CUIVRE
DE LA STATUE DE LA LIBERTÉ


Le projet de conception d'une statue colossale "La Liberté éclairant le Monde", qui devait être offert par la France aux États-Unis, en gage de l'amitié franco-américaine, pour célébrer le centenaire de la Déclaration d'Indépendance aux États-Unis et rendre hommage à Abraham Lincoln, fut confié, en 1871, au sculpteur Auguste Bartholdi.
Il fit le choix d'une structure interne recouverte de feuilles de cuivre repoussé, proposée par l'architecte Viollet-le-Duc.

À la mort de Viollet-le-Duc en 1879, Bartholdi engagea un nouvel ingénieur, Gustave Eiffel, qui le convainquit d'adopter la technique du mur-rideau avec un pylône métallique massif (stabilisé de neuf niveaux de traverses horizontales et d'entretoises posées en diagonales), qui devait soutenir la statue, ainsi que le squelette secondaire interne (bandes de fer plates qui agissent comme un ressort ) qui permettrait à la "peau" de cuivre de la statue de tenir d'elle-même en position verticale et d'osciller de 8cm par vents de 80 km/h.

Les travaux de précision furent confiés par Eiffel à Maurice Koechlin, avec qui il travailla aussi sur la Tour Eiffel.

L'armature fut construite à Levallois-Perret dans les ateliers Eiffel, d'autres éléments furent conçus dans le 17ᵉ arrondissement de Paris.

Des recherches des laboratoires américains Bell ont conclu qu'il est probable que la mine française de Visnes en Norvège ait fourni le cuivre de la Statue. Le minerai était expédié à l'usine de lixiviation de cuivre à Hemixen. Là, le cuivre était mis en solution puis précipité sur le fer pour produire du cuivre de ciment.

300 feuilles de cuivre d'un mètre sur trois, d'une épaisseur moyenne de 2,3 mm, furent fabriquées dans les ateliers de la fonderie "Gaget, Gauthier et Cie" en 1878.


fragment cuivre statue nliberté


La statute devait culminer à près de 50 mètres ; le poids du cuivre représentait environ 80 tonnes.

Bartholdi fit payer une somme modique aux Parisiens pour faire visiter le plus haut monument de Paris. À l'issue de la visite, les visiteurs pouvaient acquérir de petites plaques de cuivre gravées.

La statue devait être terminée et assemblée pour le 4 juillet 1876, date du Centenaire de l'Indépendance, mais de nombreux soucis retardèrent les travaux, notamment le manque d'ouvriers et artisans dû au financement incomplet ; seulement neuf des 300 feuilles étaient achevées ; le plâtre de la main se brisa en mars 1876.

Les différentes pièces de la statue furent assemblées à Paris, dans les ateliers Gaget-Gauthier, rue de Chazelles, de 1881 à 1884.

Bartholdi, pour sauver son oeuvre, se concentra alors sur la construction de l'élément le plus symbolique, le bras tenant la torche, qui put être exposé en septembre 1876 à la Centennial Exposition de Philadelphie. Les visiteurs pouvaient grimper sur une échelle qui menait au balcon situé autour de la torche, moyennant 50 cents. Des photographies, des affiches et des maquettes de la statue furent vendues pendant l'Exposition. L'argent récolté fut utilisé pour terminer les travaux.

Chantier statue liberté


En juin 1878, la tête de la statute fut révélée au public dans les jardins du Champ de Mars à l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris : les visiteurs pouvaient pénétrer dans la tête jusqu'au diadème au moyen d'un escalier de 43 mètres.

Les différentes pièces de la statue furent assemblées à Paris, dans les ateliers Gaget-Gauthier, rue de Chazelles, de 1881 à 1884.

Le 4 juillet 1884, jour de la fête nationale américaine, eut lieu la cérémonie du don puis le démontage commença en février 1885.
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PLAQUES NOMINATIVES
NUMÉROTAGE DES RUES


En 1728, Louis XV fait fixer, à chaque intersection de rues, des plaques en pierre gravée, indiquant le nom des rues et le numéro du quartier.


Légende

Paris, alors limité par les anciennes fortifications, actuels Grands Boulevards, est divisé en vingt quartiers. Quinze sont situés sur la rive droite, où se trouvent les lieux de pouvoir, le Louvre, les Tuileries, l’Hôtel de Ville, les ministères et les rues commerçantes les plus importantes, comme la rue Saint-Honoré, la plus prestigieuse, ou les rues Saint-Denis et Saint-Martin, très fréquentées. La rive gauche, qui comprend surtout des Universités, des écoles et des couvents, ne compte que cinq quartiers peu peuplés. Le premier quartier est celui de l’île de la Cité, au cœur de Paris, le vingtième est celui du Luxembourg. Certaines de ces plaques subsistent. Le promeneur attentif en découvrira rue du Prévôt, au métro Saint-Paul, ou rue de Seine, près du Luxembourg.

Sous Napoléon, Gaspard Chabrol de Volvic, préfet de la Seine, fait installer des plaques nominatives de rues en lave émaillée.

Le numérotage des immeubles connut, lui, différentes expériences tout au long du XVIIIe siècle.

Les galeries du Palais Royal furent numérotées dès leur construction. Elles conservent aujourd’hui encore une numérotation qui affiche les nombres impairs et pairs de manière mélangée : Première boutique au n° 1, deuxième au n° 2… Certaines grandes boutiques possédaient donc une adresse du type "Palais Royal, numéros 17 et 18".

Plaque de numérotation d'immeuble
Type de plaque numérotation de 1847.
Vente Lucien Paris, Collection Debuisson, le 18 mars 2019.


 

En 1779, Martin Kreenfelt de Storkes, chargé d’affaires de l’électeur de Cologne, eut l’idée de numéroter les maisons de Paris  en faisant peindre un numéro sur chaque maison, de façon continue, sans distinguer pairs et impairs.

Les Parisiens y virent une menace fiscale, ce qui le contraignit à faire travailler les ouvriers de nuit.

Le premier numéro fut posé rue de Grammont en 1779. Le procureur général, M. Joly de Fleury, s’offusqua qu'on numérotât son hôtel, rue de la Planche. Le numérotage s’arrêta rapidement dans son quartier, puis dans tout Paris.

Sébastien Mercier, dans son Tableau de Paris, critique cet arrêt et note :

« Il serait plus commode et plus facile d’aller tout de suite chez M. un tel, n° 87, que de trouver M. un tel au Cordon Bleu ou à la Barbe d’Argent, la 15e porte cochère à droite ou à gauche après telle rue ».



Plaque de numérotation d'immeuble
Type de plaque numérotation de 1847
Vente Lucien Paris, Collection Debuisson, le 18 mars 2019.



De 1791 à 1805, apparut le numérotage révolutionnaire, ou sectionnaire, dans lequel toutes les maisons étaient numérotées par ordre croissant, sans interruption d'une rue à l'autre, jusqu'à la limite de la section. Le n°1 pouvait donc se trouver voisin du 1 761. Plusieurs maisons portaient le même numéro dans une rue s'étendant sur plusieurs sections.

 

Plaque de numérotation d'immeuble
Type de plaque numérotation de 1847
15, place d'Aligre. XIIe arrondissement.
Vente Lucien Paris, Collection Debuisson, le 18 mars 2019.

 

Enfin, en 1805, Napoléon 1er numérota les rues de Paris, d’une façon simple et complète. Les rues parallèles à la Seine furent numérotées d’Est en Ouest, les rues perpendiculaires à partir de la Seine. En entrant dans une rue, à gauche les numéros impairs, à droite les numéros pairs.

Ce système, encore utilisé de nos jours, s’est étendu à toutes les grandes villes de France.

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LE NORD-SUD

La Société du chemin de fer électrique souterrain Nord-Sud de Paris, ou plus simplement « Nord-Sud », créée en 1902, a construit et exploité trois lignes du métro de Paris jusqu'en 1931.




Banquette double de voiture de seconde classe de la Compagnie Nord-Sud
du Métropolitain Parisien

Circa 1920
Vente Lucien Paris, Collection Debuisson, le 18 mars 2019



Elle est fondée à l'initiative de Jean-Baptiste Berlier, ingénieur des Mines qui propose, en 1901, avec l'appui du financier Xavier Janicot, de construire une ligne Montparnasse - Montmartre passant par les gares d'Orsay et de Saint-Lazare en réalisant deux tunnels parallèles, constitués d'une succession d'arceaux de métal, en grande profondeur. Ce mode de construction devait permettre de s'affranchir du tracé des rues et d'obtenir un tracé plus direct. Il obtint la concession le 28 décembre 1901.

La concession comporte trois lignes :

. Ligne A : Porte de la Chapelle - Montmartre - Montparnasse - Porte de Versailles ;

. Ligne B : Saint-Lazare - Porte de Saint-Ouen et Porte de Clichy ;

. Ligne C : Montparnasse - Porte de Vanves.




Échelle de descente sur la voie de chemin de fer du métropolitain parisien
Compagnie Nord-Sud
Transformée en tablette de téléphone
Circa 1920
Vente Lucien Paris, Collection Debuisson, le 18 mars 2019

 

La ligne A ouvre le 5 novembre 1910 de Porte de Versailles à Notre-Dame-de-Lorette, puis la ligne B le 26 février 1911, de Saint-Lazare à Porte de Saint-Ouen. Le nouveau réseau est techniquement très similaire à celui de son concurrent direct, mais les stations et le matériel roulant sont plus soignés dans leur aménagement. Le nom des stations est écrit en faïence au lieu des plaques émaillées de la CMP; les directions des rames sont carrelées sur les tympans des tunnels.

La section Notre-Dame-de-Lorette - Pigalle de la ligne A est ouverte à son tour le 9 avril 1911, le tronçon La Fourche - Porte de Clichy de la ligne B, le 20 janvier 1912, et enfin la section Pigalle - Jules Joffrin de la ligne A, le 30 octobre 1912. L'achèvement au nord de la ligne A de Jules Joffrin à Porte de la Chapelle est retardé par le déclenchement de la Première Guerre Mondiale. Le Nord-Sud achève ce prolongement en pleine guerre : il est ouvert à l'exploitation le 23 août 1916.

Plaque de paroi de voiture de première classe du Chemin de Fer Métropolitain Parisien
Société du Verre Étiré
Circa 1920
Vente Lucien Paris, Collection Roxane Debuisson, le 19 mars 2019



La compagnie procède, durant les années 1920, aux démarches nécessaires à la construction de sa ligne C, Porte de Vanves - Montparnasse. Mais les coûts de construction de ses lignes ne lui ont pas permis de survivre.

Le « Nord-Sud » disparaît le 1er janvier 1931, absorbé par la Compagnie du Chemin de Fer Métropolitain de Paris (CMP) qui gérait la concession des autres lignes du metro, avant la nationalisation du réseau en 1948, donnant naissance à l’actuelle RATP.

Les lignes de l'ancienne compagnie Nord - Sud ont été alors progressivement intégrées au réseau de la CMP. L’ancienne ligne A devient la ligne 12 et la ligne B devient la ligne 13. Tandis, que la ligne C est finalement réalisée par la CMP durant les années 30 et est absorbée par la ligne 13, grâce à la construction d'un tronçon intermédiaire.
On peut encore voir sur de nombreuses stations de la ligne 12 (Pasteur, Sèvres-Babylone, Porte de Versailles…) les entourages verts ou jaune du nom des stations et le sigle "N/S".
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PETITE HISTOIRE
DES ENSEIGNES DE PARIS

Un nom, une adresse, rien de plus normal aujourd’hui, mais cela ne fait que 200 ans que les français bénéficient d’un système simple et complet de repérage des immeubles. Autrefois, pour situer un bâtiment dans Paris, on utilisait l'enseigne fixée sur le commerce, ou bien, si l'édifice n’en possédait pas, on le situait par rapport à une maison connue et informait les visiteurs dans les termes suivants : « rüe de la Barillerie, la troisième maison après l’hostellerie du petit Cerf ».





Enseigne de l'apothicaire "Au Mortier d'Argent",
33, rue Saint-Denis, Paris Ier.
XVIIIᵉ siècle.
Vente Lucien Paris, Collection Debuisson, le 18 mars 2019.

Les premières enseignes apparaissent à Paris au XIVᵉ siècle et se généralisent au cours des siècles suivants.

En 1577, Henri III ordonne aux aubergistes d’en placer une « aux lieux les plus apparents de leurs maisons, à cette fin que personne n’en prétende cause d’ignorance, même les illettrés". Elles pouvaient être gravées dans la pierre ou suspendues à une potence, peintes ou sculptées. Leur sujet variait à l’infini, souvent en rapport avec le nom du propriétaire ou son commerce. Leur usage était double, localiser une maison et indiquer le type de commerce à une population majoritairement illettrée. Botte pour un bottier, chapeau pour un chapelier, gant pour un gantier, étaient des objets simples à représenter.




Potence et enseigne du cabaret "Le Mouton à Cinq Pattes".
Époque Louis XV.
Vente Lucien Paris, Collection Debuisson, le 18 mars 2019.


Les cabaretiers faisait preuve de davantage d’imagination et attiraient le client par des enseignes historiques ou amusantes, à rébus ou calembours. Ainsi « Au Puissant vin » est figuré par un puits dont on tire l’eau « au puits sans vin », ou « À l’assurance » par un A sur une Anse. La plus célèbre était « Au Lion d’or », enseigne très fréquente sur les routes de France. C’était celle d’une auberge pour voyageurs qui comprenaient immédiatement « Au lit on dort » et identifiaient alors l’auberge du lieu, sans risque d'erreur. L'enseigne « Au Signe de la Croix » prend la forme d'un cygne et d'une croix.




Enseignes de bottier, chapelier et gantier. Paris, XIXᵉ siècle.
Vente Lucien Paris, Collection Debuisson, le 18 mars 2019.


Depuis la Grèce antique, l’enseigne des marchands de vin la plus répandue figurait une pomme de pin. On assurait l'étanchéité des barriques grâce à la résine de pin. Les cabaretiers prirent logiquement la même enseigne. Un cabaret " À la pomme de pin" se trouvait dans l’île de la Cité au XVᵉ siècle. Parmi ses clients célèbres, on compte le poète François Villon, Molière et La Fontaine.

En 1669, Louis XIV publia une ordonnance royale visant à réprimer les abus d'enseignes d’une grandeur excessive ou avançant jusqu'au milieu de la rue. Des chutes d’enseignes causaient en effet de nombreux accidents.

En 1728, Louis XV fit placer, à chaque intersection, des plaques de pierre gravée portant les noms des rues. De nombreux noms d'artères rappelèrent les enseignes qui s'y trouvaient.




Plaque nominative de la rue des Trois Visages, IIIᵉ quartier. Époque Louis XV.
Inspirée d'une enseigne représentant trois têtes sculptées.
Vente Lucien Paris, Collection Debuisson, 18 mars 2019.

En 1761, M. de Sartines, son lieutenant de police, ordonna à toute personne utilisant une enseigne de la faire appliquer sous forme de tableau contre les murs des boutiques ou maisons.




Enseigne Indulgence Plénière, 1786.
Vente Lucien Paris, Paris Mon Amour, 19 mars 2019.


En 1805, Napoléon 1er numérota les rues de Paris, d’une façon simple et complète.

Les enseignes, jadis si importantes dans l'appellation de nombreuses rues, perdirent alors leur usage de localisation des maisons, mais continuèrent de renseigner les habitants sur le contenu des boutiques.

Au début du XIXᵉ siècle, on pouvait voir dans Paris, plus de mille enseignes.

Il subsistait moins de 200 enseignes anciennes au début du XXᵉ siècle.

À partir du XIXᵉ siècle, un mouvement s’engagea pour défendre ce patrimoine du commerce parisien. Balzac publia, en 1826, un « Petit Dictionnaire critique et anecdotique des Enseignes de Paris par un batteur de Pavé », avec la mention « A bon vin point d’enseigne ». Il critique, souvent durement, les enseignes modernes peintes qu’il classe par ordre alphabétique. Le proverbe cité est étrange, car les cabarets ont laissé le nom de leurs enseignes dans l’histoire des rues de Paris (rue des Canettes, rue du Renard, rue du Grand Cerf….), mais aussi dans celle de la littérature. 

En 1842, dans « Le Rhin », recueil de lettres fictives, Victor Hugo écrit :
« ….Où il n’y a pas d’églises, je regarde les enseignes. Pour qui sait visiter une ville, les enseignes de boutiques ont un grand sens. Indépendamment des professions dominantes et des industries locales qui s’y révèlent tout d’abord, les locutions spéciales y abondent, et les noms de la bourgeoisie - presqu’aussi importantes à étudier que les noms de la noblesse - y apparaissent dans leur forme la plus naïve et sous leur aspect le mieux éclairé. »



Victor Hugo a donc la certitude qu’on peut résumer, par les enseignes, les grands aspects d’un pays : la langue, la religion, l’histoire. Il remportera son combat pour sauver la cathédrale Notre Dame de Paris, mais échouera à sauver beaucoup des vieilles enseignes de Paris, qui vont disparaître au fur et à mesure des transformations de la Ville. Certaines seront tout de même sauvées au XIXᵉ siècle et déposées au musée Carnavalet. 





Paire d'enseignes du marchand d'escargots "Lazare Successeur", 13, rue de la Cossonnerie, Paris, Ier arrondissement.
Époque Second Empire.
Vente Lucien Paris, 19 mars 2019.


 
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